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Résolution pédagogique

adoptée au Congrès National de Troyes 
Novembre 2008

  

Le projet éducatif et professionnel du SNCL-FAEN préconise un ensemble de solutions pour résoudre la profonde crise de  notre système éducatif.

Nombre d'entre elles ont un fondement pédagogique développé dans la présente "Résolution".

Le Congrès national du SNCL-FAEN réuni à Troyes, en novembre 2007 demande au Président de la République et au ministre de l'Education Nationale, à l'ensemble du gouvernement et au parlement d'engager les réformes préconisées par le syndicat.

Il leur demande également de donner au service public d'éducation et à ses personnels les moyens de remplir leur mission.

Cela passe par l'abandon d'une politique aveugle et systématique de restrictions budgétaires car les autorités de notre pays ne doivent pas oublier que l'éducation des jeunes constitue avant tout un investissement pour l'avenir de la Nation.

 

LES APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX

La maîtrise des moyens universels de communication est indispensable à l’acquisition des autres savoirs :

-         la lecture et la compréhension de ce qu'on lit,

-         l'écriture,

-         les principaux modes opératoires en mathématiques,

-         la familiarisation et l'utilisation des technologies informatiques de communication.

Leur apprentissage et leur assimilation dès l’école primaire constituent donc une priorité absolue pour suivre avec profit la scolarité au collège.

Cet apprentissage doit s’accompagner d’une éducation visant à développer un esprit critique vis-à-vis de l’utilisation d’Internet et des médias.

La détection précoce et systématique des difficultés des élèves dans ces apprentissages doit être organisée et une prise en charge adaptée à ces élèves doit être prévue avec l'aide d'équipes pluriprofessionnelles (pédagogiques, éducatives, sociales, médicales…).

 

 EN COLLÈGE

Le collège accueille la quasi totalité des élèves à l'issue de l'école primaire, dans un contexte social et éducatif de plus en plus difficile. Malgré l'empilement de réformes successives, il ne parvient pas à assurer la réussite de tous les élèves .

Les raisons principales de cet échec sont notamment :

·        les réformes successives qui se sont empilées, depuis plusieurs décennies, n'ont pour l'essentiel consisté qu'à fournir un habillage pédagogique aux politiques de restrictions budgétaires et à aggraver en conséquence les conditions de travail et d'enseignement ;

·        la réduction du nombre des heures d'enseignement, notamment dans les disciplines instrumentales ; 

·        la suppression progressive des voies diversifiées qui permettaient de prendre réellement en charge tous les élèves ; 

·        l'abandon d'un grand nombre d'exigences de niveau et de comportement pour masquer les conséquences d'une mauvaise politique éducative ;

·        l'accroissement de l'écart entre les établissements "ghettos" et les autres.

Ainsi la Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'Ecole de mars 2005 apparaît inadaptée aux réalités actuelles du collège.

Le SNCL dénonce notamment : 

·        l’évolution du collège unique qui a conduit à son échec ;

·        l'obligation de résultats faite aux enseignants (100 % d'élèves qualifiés et/ou diplômés à la fin du cycle d'orientation) y compris auprès d'élèves refusant catégoriquement tout  enseignement ou même déscolarisés ;

·        le caractère réducteur d'un socle commun de connaissances et de compétences qui ne permet  pas à chaque élève de valoriser au maximum ses possibilités ; 

·        le pseudo renforcement de la liberté pédagogique, contredit par la création de Conseils Pédagogiques et l’accroissement des pouvoirs des chefs d'établissement ;

·        la globalisation annoncée de disciplines qui aura pour conséquence l'appauvrissement voire la disparition de certains enseignements ;

·        l'incohérence de la politique de mise en œuvre des collèges "ambition réussite" par simple redéploiement de moyens existants, amputant ceux des autres établissements ; 

·        les "bricolages pédagogiques" locaux, faute de moyens suffisants, pour mettre en place notamment les ATPE (Aide au Travail Personnalisé de l'Elève) et autres PPRE (Projets Personnalisés de Réussite Educative) ;

·        l'attribution de la note de vie scolaire dont les modalités confinent parfois au ridicule et aboutissent dans certains cas à l'effet inverse de celui visé. 

·        le droit de veto accordé aux familles dans le cas d’une orientation en SEGPA qui devrait être remplacé par une procédure d’appel ;

Afin que le collège puisse transmettre et structurer les savoirs généraux nécessaires à la poursuite d'études ou de formations ultérieures ainsi qu'à l'insertion sociale des futurs citoyens, le SNCL-FAEN demande avec insistance des réformes d'organisation de la scolarité et les moyens (horaires, humains et financiers) indispensables à la mise en place de parcours de formation diversifiés, dans un cadre national.

  • La mise en place de collèges à taille humaine (600 élèves maximum) avec un taux d'encadrement suffisant.
  • L'évaluation régulière des acquis des élèves et de leurs difficultés.
  • La prise en charge immédiate des difficultés décelées chez les élèves par un enseignement plus individualisé, notamment par le biais de classes semi-hétérogènes, fonctionnant en petits groupes, avec un horaire renforcé.
  • Le renforcement de l'aide au travail personnel et l'organisation d'un véritable accompagnement éducatif.
  • Une plus grande cohérence et harmonisation entre les disciplines.
  • Le maintien de la SEGPA en tant que structure spécifique du collège, dotée d'un budget particulier et de postes occupés par un personnel qualifié qui permet l'intégration scolaire, sociale et professionnelle d'élèves en grande difficulté notamment par l’acquisition d’une partie de CAP.
  • Le développement de l'enseignement des valeurs de la République, des fondements de la citoyenneté et des règles de comportement.
  • La création de groupes d'approfondissement, destinés aux élèves volontaires, permettant ainsi à chacun d'aller au maximum de ses possibilités au sein du service public laïque d'éducation.
  • La diversification des parcours de formation des élèves sous statut de collégien, seule solution pour donner un bon niveau de formation générale et une amorce de formation professionnelle à tous les élèves (palier d'orientation réversible en fin de classe de 5e et après 14 ans, pour des élèves volontaires).
  • La scolarisation dans des structures adaptées (dispositifs relais, centres fermés d'éducation, etc) créées en nombre suffisant pour des élèves en situation de refus scolaire et qui perturbent gravement le fonctionnement des classes et des établissements. Cela nous paraît être la seule solution pour mener de pair l'obligation scolaire pour tous et le droit de chaque élève à suivre dans de bonnes conditions une scolarité complète.

 

 DANS LES LYCÉES

Tous les lycées, qu'ils soient polyvalents, généraux et technologiques, professionnels, ou encore labellisés lycées des métiers doivent permettre à tous les élèves sortant du collège d'acquérir les bases nécessaires soit à la poursuite d'études, soit à l'entrée dans le monde du travail. Dans tous les cas ils doivent permettre aux élèves de devenir des citoyens responsables.

Chaque élève, qu'il soit orienté vers un cycle court (CAP, BEP) ou un cycle long en voie générale, technologique ou professionnelle doit sortir du système éducatif avec un diplôme reconnu. Il doit  avoir la possibilité de poursuivre ou de reprendre ses études afin d'améliorer sa formation, sa qualification ou de réaliser sa reconversion professionnelle.

 Des réorientations doivent être rendues possibles par la mise en place de passerelles entre les différentes séries et les différentes  voies professionnelle, technologique et  générale. Cela permettra, par un véritable décloisonnement, d’éviter ainsi des échecs souvent liés à une mauvaise orientation ou a de mauvais choix initiaux.

 Il faut constater que le baccalauréat général a aujourd'hui perdu beaucoup de sa valeur et n'assure en rien un avenir professionnel.

 L'objectif avoué de faire obtenir ce diplôme au plus grand nombre était certes louable mais la méthode utilisée (abaissement des exigences) pour atteindre cet objectif l'est, elle, beaucoup moins. Mieux vaut un bac réussi par le travail et qui ouvre de réels débouchés qu'un bac bradé qui, une fois en poche, ne sert plus guère qu'à s'inscrire dans le supérieur mais sans réel avenir assuré.

 Le SNCL demande le retour à un véritable examen de cycle terminal marquant ainsi la fin des études secondaires et attestant d'un niveau de savoirs et de savoir-faire indispensable à la poursuite d'études supérieures fructueuses.

 Etre bachelier doit redevenir une fierté pour le lycéen, le résultat d'un travail, d'une réussite scolaire et non une simple banalisation. Cela passe par une véritable reconnaissance de ce diplôme.

 Le collégien qui passe en lycée découvre un monde nouveau de liberté à l'âge difficile de l'adolescence. Le manque de maturité,  d'investissement, d'intérêt, de soutien familial, de véritable projet etc … que l'on observe parfois constituent autant de facteurs d'échec dès la seconde.

 Des lycées de taille humaine (1 000 élèves maximum) avec un taux d'encadrement suffisant (infirmier, conseiller d'orientation psychologue, personnels d'éducation…), des équipements adaptés dans un cadre de vie sécurisé et agréable devraient faciliter l'intégration et la réussite de tous.

 Pour remplir correctement sa mission, le SNCL estime que les lycées doivent bénéficier de moyens spécifiques :

  • une généralisation de l'aide individualisée dès la seconde ;
  • la réelle possibilité du choix de 2 options facultatives ;
  • le retour des TPE dans les deux niveaux du cycle terminal afin de favoriser l'esprit de recherche, d'organisation des élèves et le décloisonnement disciplinaire tout en préparant au mieux les futurs bacheliers aux études supérieures ;

De plus, le SNCL demande :

  • des programmes qui dès 2009 soient actualisés, plus concrets et plus cohérents entre les différentes disciplines et qui soient réalisables.

Ils doivent fixer des objectifs de connaissance et de savoir-faire en liaison entre les cycles et en corrélation avec l'examen terminal ;

  • des emplois du temps des élèves mieux équilibrés et plus en corrélation avec leur capacité d'attention;
  • des plages horaires communes pour la pratique d'activités liées à des projets ;
  • une véritable coupure minimale de 1 heure 30 entre matinée et après-midi ;
  • un savoir-faire pris en compte dans l'examen final et évalué par des enseignants extérieurs à l'établissement ;
  • le maintien du palier d'orientation en seconde ainsi que des filières existantes dans le cycle terminal ;
  • la suppression du passage automatique de première en terminale dont l'effet néfaste pourrait être corrigé par la refonte du cycle terminal.;

 

 POUR UNE PLUS GRANDE EFFICACITÉ PÉDAGOGIQUE

L'amélioration du fonctionnement des écoles, des collèges et des lycées passe à la fois par une clarification de leurs missions, une réorganisation de la scolarité des élèves et par l'amélioration des conditions de travail des personnels.

 Le S.N.C.L. demande notamment :

  • le droit au travail dans la sérénité, en toute sécurité dans tous les établissements, ce qui passe par le respect des personnes et des règles de civilité notamment par l'application du règlement intérieur, par le rétablissement de la discipline ainsi que par la lutte contre toute forme de violence ;
  • la Dotation Horaire Globale doit permettre d’assurer tous les enseignements obligatoires, dans la totalité de leur horaire officiel, ainsi que les besoins réels de l’établissement ;
  • l’obligation de réaliser des établissements scolaires de taille humaine avec un maximum de 600 élèves en collège et de 1 000 élèves en lycée. Ces bâtiments construits par les collectivités territoriales selon des normes strictes édictées par l’État, devront être dotées d'ateliers, d’équipements et de salles adaptées aux différentes activités et formations dispensées;
  • la dotation de tous les établissements en moyens modernes d'information et de communication ;
  • la prise en compte de l'évolution du métier dans la définition du service des enseignants, en collège (SEGPA et EREA inclus) comme en lycée, la définition dans toutes les disciplines d’un service global hebdomadaire de 18 heures et 15 heures pour les agrégés, dont 1/6 sera consacré à la concertation, à l’heure de vie de classe et au suivi plus individualisé des élèves ;
  • l’indispensable allégement de l’effectif des classes et la multiplication de groupes à effectifs réduits afin de rétablir des conditions d’enseignement et de discipline convenables et répondre aux problèmes liés à l’hétérogénéité des classes par :

- l’ouverture systématique de nouvelles classes de manière à ce qu’aucune d’elles ne compte plus de 24 élèves en collège et en lycée professionnel, 30 élèves en lycée général et technologique,

 

- l’abaissement de ces maxima dans les établissements de l'éducation prioritaire ou qui rencontrent des difficultés particulières ou dans les classes qui prennent en charge des élèves en grande difficulté.

 

- pour les classes intégrant des élèves handicapés, la reconnaissance de la surcharge de travail pour les enseignants consécutive à la prise en charge des difficultés spécifiques de ces élèves, la nécessité de formation et d'information pour l'ensemble des personnels concernés, la présence indispensable d'assistants de vie scolaire mieux formés et mieux rémunérés ;

 

- la possibilité de mettre deux enseignants par classe dans certains cas,

 

- la limitation, pour les S.E.G.P.A., à 15 élèves en enseignement général et à 8 en atelier,

 

·              un bilan de la politique des cycles avant leur éventuel maintien, modification ou suppression,

 

·        des CDI mieux dotés, mieux équipés, la création de nombreux postes et l'augmentation du recrutement de professeurs documentalistes titulaires afin d'élargir les plages horaires d'ouvertures des CDI, pour mieux prendre en compte les activités pédagogiques,

 

·        le renforcement des équipes éducatives placées sous la responsabilité du CPE, dans chaque établissement, et l'unification des statuts des différentes catégories de surveillants,

 

·        l'attribution d'une heure de décharge de service à chaque professeur principal pour lui permettre d'assurer les nombreuses tâches supplémentaires qui lui ont été imposées ces dernières années sans remettre en cause le paiement de l’ISOE,

 

·        le recrutement et l’affectation de personnels titulaires spécialisés pour assurer la maintenance et le fonctionnement des réseaux informatiques, besoin émergent mais pérenne,

 

·        l’affectation de personnels de laboratoire qualifiés en SVT et en Physique Chimie dans tous les établissements,

 

·        une meilleure reconnaissance et prise en compte par les programmes scolaires, dans le cadre national, des réalités historiques, culturelles et linguistiques régionales, notamment pour les DOM et les COM,

 

·        de meilleures liaisons école-collège, collège-lycée et lycée-enseignement supérieur pour un suivi plus efficace des élèves. Le travail qui en découle doit être inclus dans l’horaire de service actuel,

 

·        la création de locaux modernes, fonctionnels avec le développement de points TICE, de salles d'études, de lecture ou multimédia surveillées, de salles de travaux pratiques équipées en informatique, de salles d’étude,

 

·        la saisie des notes par les enseignants facilitée par l'utilisation généralisée d'un seul et même logiciel et à partir de n'importe quel poste informatique en liaison Internet,

 

·        des équipements sportifs de proximité de qualité, répondant aux normes de sécurité et permettant la pratique du plus grand nombre d'activités sportives dans le cadre des programmes mais aussi de l'UNSS,

 

·        des structures d'hébergement rénovées permettant aux élèves internes d'effectuer leurs études dans les meilleures conditions,

 

·        des créations d’internat en collèges et en lycées.

 

  POUR LA FORMATION

 

Le S.N.C.L. demande, pour tous les personnels, la mise en place d'une politique de formation performante et ambitieuse.

 

1 - La formation initiale

 

Le SNCL demande que le concours soit avancé à la fin de l'année de la licence, l'allongement sur deux années pleines de la durée de la formation ainsi que la généralisation des mesures d'accompagnement prévues pendant les deux premières années de la titularisation.

 

*   avant le concours

 

  • le développement de la pré-professionnalisation aux métiers de l’éducation dès la première année de préparation de la licence. Ces modules devraient pouvoir être pris en compte pour la validation des diplômes universitaires,

 

  • la création d’un statut «d’élève professeur» pour la première des deux années de formation qui définirait pour chaque candidat admis en I.U.F.M ses droits et ses obligations tout en lui assurant un salaire,

 

  • l’adaptation régulière des concours et de leurs contenus à l’évolution des métiers de l’enseignement.

 

*   après le concours

 

  • un bilan de la mise en place des "cahiers des charges" et leur adaptation éventuelle,

 

  • l’harmonisation de la validation de la formation concrétisée pour tous par l’attribution du master dans le cadre du LMD (licence, master, doctorat), afin de valoriser la formation professionnelle suivie,

 

  • la possibilité offerte à tous les lauréats au concours d’une affectation dans l’I.U.F.M de l’académie d’inscription,

 

  • la possibilité pendant les 2 années de formation d’exercer en collège et en lycée pendant une durée significative,

 

  • la décharge d'une partie de leur service pour les tuteurs volontaires,

 

  • une véritable formation à la gestion des groupes, aux situations de crise, à la législation et à la réglementation, aux règles de sécurité, à la responsabilité.

 

Enfin, le SNCL – FAEN demande que les spécificités de chaque type d'établissement (écoles, collège, lycées) soient au cœur de la formation initiale.

 

2 - Pour la formation continue

 

le SNCL-FAEN dénonce le déficit de formation continue constaté dans l'Education Nationale, tant par rapport aux autres administrations qu'au secteur privé.

                                                           

Cette situation est fortement préjudiciable à l'efficacité du système éducatif.

 

Le SNCL-FAEN demande la définition d'une formation continue conçue comme une formation initiale prolongée et

 

  • le bénéfice d’une décharge de service pour tout personnel changeant de type d’établissement ou de discipline afin de suivre une formation continue,

 

  • une véritable formation continue tout au long de la carrière, prise sur le temps de travail et permettant à tous les collègues la maîtrise tant des nouveaux programmes que des nouvelles technologies,

 

  • l’augmentation du contingent des congés de formation,

 

  • une année pleine de formation adaptée pour tous les lauréats des concours internes ou assimilés,

 

  • une formation spécifique destinée aux professeurs principaux pour leur permettre d'assurer dans de bonnes conditions les tâches multiples qui leur sont confiées (PPRE, participation à l'orientation, etc.).

 

3 – Pour les non-titulaires

 

Le SNCL –FAEN réclame qu'une formation, initiale et continue, soit définie et mise en place pour les non-titulaires et qu'elle soit dispensée dans les IUFM.

 

 

 

ÉVALUATIONS ET EXAMENS

L'évaluation constitue un élément essentiel dans le repérage des élèves en difficulté comme pour la vérification de l'assimilation des connaissances et de la structuration des savoirs.

 

Les professeurs doivent donc disposer du temps nécessaire à la préparation et à la réalisation d'évaluations régulières, parfois effectuées par des personnels extérieurs à l'établissement.

 

Ces évaluations des savoirs et des savoir-faire doivent être suivies d'actions de rattrapage plus individualisées pour traiter les causes très diverses des difficultés des élèves.

 

Evaluations et actions de rattrapage nécessitent une importante concertation entre les membres de l'équipe éducative, les élèves et leurs parents. Cette concertation doit être intégrée dans le service actuel des personnels, faute de quoi les multiples dispositifs conçus ne constituent que des effets d'annonce aggravant les conditions de travail des enseignants sans réel bénéfice pour les élèves.

 

L’évaluation continue ne doit pas se substituer aux examens terminaux qui doivent rester des diplômes nationaux.

 

Le SNCL-FAEN dénonce les pressions de toutes origines exercées sur les enseignants lorsque le contrôle continu est pris en compte dans l'attribution des examens.

 

Le SNCL-FAEN dénonce également un abaissement des exigences qui pour minorer la réalité de l'échec scolaire dévalorise les examens et trompe les élèves ainsi que leurs familles.

 

LES PASSAGES DE CLASSE 

Le SNCL – FAEN demande la suppression des passages automatiques de classes, démobilisateurs pour certains élèves, le respect de l'avis du conseil de classe et le remplacement des commissions d'appel par des examens d'appel.

Ces examens seraient passés à la même période que le brevet et les baccalauréats afin de ne pas perturber le fonctionnement des établissements.

 

  L'ORIENTATION

L'école a pour mission de prendre en charge des élèves très différents (compréhension, capacité de travail, entourage familial et social, etc.) et de permettre à chacun d'eux d'aller au maximum de ses possibilités.

 En s'appuyant sur les goûts, aptitudes et acquis des élèves mais également en tenant compte des tendances lourdes du marché du travail, l'orientation a pour objectif de permettre à l'élève de construire progressivement son parcours scolaire et son insertion professionnelle.

 L'évolution rapide de l'économie, l'augmentation de la fréquence des reconversions doivent conduire chaque élève à aller le plus loin possible dans la voie qu'il s'est choisie et l'acquisition de connaissances générales.

 L'orientation doit être un processus long et continu, se déroulant tout au long de la scolarité, qui combine l'observation des élèves, leur large information et préparation ainsi que celle de leur famille, réflexion puis décision.

 Le SNCL demande que les élèves reçoivent progressivement une information complète sur les cursus scolaires, les métiers et leurs débouchés, véritable préparation à l'orientation.

 Les contenus généraux et le cadre de l’éducation à l’orientation doivent être fixés par le Ministère avec plus de précision et un horaire doit être prévu. Mais pour l'essentiel, l'élaboration des dispositifs doit demeurer du ressort de l'équipe éducative formés à l’orientation en liaison avec les C.O.Psy.

 Un horaire minimum de présence des Conseillers d’Orientation Psychologues devrait être fixé pour chaque classe, notamment dans le cadre de l’heure de vie de classe, ce qui implique la création des postes et le recrutement des personnels nécessaires.

 Les élèves volontaires devraient pouvoir effectuer des stages de sensibilisation en lycée professionnel et, dès la fin de la classe de 5e pour ceux qui seraient particulièrement motivés, être orientés en lycée professionnel. Ils devraient avoir la possibilité de faire des stages de découverte en entreprise dès la classe de 4e.

 D'une façon générale, le SNCL préconise la définition d'un "droit à l'essai" permettant aux élèves d'effectuer une partie de leur scolarité de collégien en dehors du collège, tout en conservant leur statut de collégien et la possibilité de retourner en collège, à la fin d'une année scolaire, pendant tout le temps de la scolarité obligatoire.

L'instauration de parcours diversifiés de scolarité et une plus grande modularité du temps passé dans chaque cycle d'enseignement permettraient à des élèves plus lents, ou souhaitant effectuer des stages de sensibilisation ou de découverte, d'acquérir le contenu du socle commun tout en sortant de la seule alternative passage de classe ou redoublement.

 Le congrès du SNCL-FAEN demande également que des mesures concrètes soient enfin prises pour valoriser l'image des formations professionnelles :

  • orientation vers les formations professionnelles sur des critères de motivation, d'aptitudes et de compétences,
  • mise en place de véritables passerelles entre les voies générales, technologiques et professionnelles facilitant les réorientations ainsi que les poursuites d'études ou de formations,
  • l'élaboration de cursus de formations professionnelles permettant au détenteur d'un diplôme professionnel soit de s'insérer dans le monde du travail, soit de poursuivre sa formation,
  • le versement d'une indemnité pour tous les jeunes qui choisissent la voie professionnelle afin de compenser le coût plus élevé de la scolarité. 

 L'amélioration de l'orientation vers les formations professionnelles postule que soit améliorée la double adéquation vœux des élèves/formations proposées et formations proposées/débouchés. Dans ce but le SNCL-FAEN demande que le ministère du travail publie, chaque année, les prévisions à court, moyen et long termes des besoins en recrutement de chaque branche professionnelle.

 Compte tenu des parcours scolaires variés, de la nécessité de favoriser les réorientations et de permettre de probables reconversions ultérieures dans le cadre de la formation tout au long de la vie, le SNCL-FAEN demande que le passage des diplômes professionnels de niveau V se fasse par l'obtention d'unités de valeur capitalisables.

 

 POUR DES PROGRAMMES RÉNOVÉS ET COHÉRENTS

Le SNCL demande une plus grande lisibilité des programmes, tant pour les élèves que pour les enseignants, de la sixième à la terminale, une plus grande adaptation à l’évolution de la société et de ses besoins.

 Ceux-ci ne peuvent être rédigés qu’en accord avec ceux chargés de leur mise en œuvre et qu’après qu’un bilan ait été tiré de l'application des précédents. Les acteurs du système sont les mieux placés pour juger des difficultés rencontrées par les élèves.

 Ils devront être rédigés avec le souci constant des exigences en savoirs et en savoir-faire, de l’intérêt qu’ils pourront présenter pour l’élève, de la qualification requise pour l’enseignant, de la corrélation à la fois verticale intra disciplinaire et transversale pluridisciplinaire, mais aussi de l’horaire dévolu à la discipline.

 Le SNCL demande aussi une plus grande complémentarité entre les programmes des disciplines. Mieux vaut des programmes clairs, cohérents et réalisables.

 

LE REMPLACEMENT DES PROFESSEURS ABSENTS 

 Le SNCL – FAEN réaffirme son opposition résolue à l'imposition de "remplacements de courte durée" qui aggravent, les conditions de travail et ne constituent, au mieux, qu'une garderie éducative.

 Afin de favoriser la stabilité des équipes pédagogiques, le syndicat demande :

  • que le maximum de postes soient implantés à l'année afin d'être pourvus, à titre définitif, dès le mouvement des titulaires ;
  • l'augmentation du recrutement des enseignants du second degré afin de pourvoir tous les postes et de disposer d'un contingent suffisant de titulaires remplaçants dans toutes les disciplines, pour assurer l'intégralité des remplacements ;
  • la définition de zones de remplacement plus réduites et la suppression des remplacements hors zone.

 Le SNCL demande également que les TZR exercent uniquement dans leur discipline, y compris  en études dirigées ou en soutien pédagogique.

 

SNCL-FAEN Versailles  13 avenue de Taillebourg  75011 Paris     Tél : 06 67 44 76 26       Mail : sncl-faen-versailles@orange.fr